inspiré du Roi Lear de Shake­speare
en tournée du 27.11.2014 au 15.5.2015

résuméextraitdis­tri­b­u­tionvidéopho­tospresse

Trois sœurs se retrou­vent dans une pro­priété famil­iale pour veiller leur père. Deux frères s’y trou­vent égale­ment pour repren­dre la suite des affaires que dirigeait le père des filles… Le père des deux frères a rejoint celui des filles, il veille le père malade et s’occupe de recueil­lir ses dernières volon­tés afin de trans­met­tre le témoin à ses fils. Les filles, elles, atten­dent le partage de la for­tune per­son­nelle de leur père que l’autre père, celui des fils, leur transmettra…

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Toute l’action se déroule dans une pièce voi­sine de celle où les deux pères s’entretiennent, les coulisses en quelque sorte. Ainsi com­mence le huis clos. Le père malade va mourir, alors pourra com­mencer le grand bal de l’héritage et des guer­res intestines…

C’est sur cette trame de fond que vont se dévoiler cinq jeunes gens d’aujourd’hui, comme autant de facettes d’un seul être.
Il est ques­tion dans cette bal­lade théâ­trale d’évoquer l’héritage, la fil­i­a­tion et la rup­ture pro­fonde qui s’opèrent lorsqu’on décide de tout quit­ter, comme l’a fait Lear avant d’affronter l’orage dans la tragédie de Shake­speare. A leur manière ces trois sœurs et ces deux frères revivront cet orage qu’ont tra­versé les deux pères…

*

Pre­mier extrait

Edgar :

Mon cher Lear,

je suis arrivé en même temps que vous. Je suis ici depuis le début. Des jours… des semaines… trois… qua­tre… je ne me sou­viens plus…
Au début, Lear… tu mar­chais encore. Encore un peu…
Je vous regar­dais aller lente­ment jusqu’à la lisière, au fond du parc, puis revenir… revenir… Avant de faire cette balade, devant la mai­son, tu te tenais un instant le plus droit pos­si­ble, pour regarder devant toi… Mon père attendait, de pro­fil, tout près… tout près de toi… il bais­sait la tête… je me suis dit que mon père a tou­jours baissé la tête quand tu par­lais. Je n’avais jamais remar­qué… Peut-être parce qu’il n’a jamais eu l’air de la baisser…
Ces derniers jours vous par­liez peu…
Avant de par­tir vers la lisière, pen­dant ce court instant, tu regar­dais devant toi, tu voulais te tenir droit, tu voulais te tenir droit un instant, pour nous mon­trer… pour avoir cet instant, encore… pour avoir ce tout petit instant… les choses à tes pieds. Après cet instant mon père s’approchait et te pre­nait par le bras, et tout le haut de ton corps retombait gen­ti­ment, et tu rede­ve­nais un vieil­lard voûté…
Vous faisiez des petit pas.
A mi-parcours je ne voy­ais plus qui de toi ou de mon père tenait l’autre.

Temps

Un jour tu n’es pas sorti. J’ai vu mon père venir seul devant la mai­son. Il m’a souri, je me suis approché, il a regardé devant lui vers la lisière… je lui ai pris le bras… c’était la pre­mière fois depuis longtemps que je touchais mon père…
Nous avons fait cette balade…
Nous avons parlé…


Deux­ième extrait

Cordélia et Edgar

Er : Je ne vois plus rien.
C : Ce doit être la pous­sière…
Er : Nous sommes ici sans pous­sière…
Je ne vois plus…
C : Ce doit être toi.
Er : oui…

Temps

C’est moi.
Et la pous­sière partout…
Tout cela est vieux…
Comme à côté ça pue…
C : Ce doit être toi.
Er : Oui c’est moi mais je ne vois plus…

Temps

C : c’est la pous­sière…
Er : J’ai de la pous­sière dans les yeux ?
C : non.
Er : Alors pourquoi tu dis…
C : je dis que nous ne sommes plus là…

Temps

Er : Tu as peur ?
C : Non.
Er : tu as peur.
C : Non.
Er : Pourquoi ?
C : je n’ai pas peur, pas de ça.
Er : de la pous­sière ?
C : Non.
Er : Tu dois avoir peur…
Quelque part tu dois avoir peur…
C : J’ai peur mais pas de ça.
Er : Toute cette rigueur…
Autour…
Toute cette rigueur…
C’est effrayant.

Temps

Tu crois que je dois par­tir ?
Tu crois que je dois net­toyer ?
Je vais par­tir, ici ça pue. Ce devrait être une odeur de sain­teté. Ça pue. J’ai laissé l’affaire… Un vieux saint qui pue dans son lit de mort. Ils n’ont pas pris la peine de net­toyer la pous­sière.
C : Elle retombe vite.
Er : je ne vois plus rien.
Tu pour­rais me pren­dre la main main­tenant.
Tu pourrais.

Temps

C : le matin est venu.
Er : Le matin. Tu as tou­jours une réponse. Prends-moi la main.
C : Nous sommes déjà l’un dans l’autre.
Er : Pourquoi ?
C : Comme ça. C’est comme ça.
Er : La nature ?
C : Oui.
Er : Je ne vois plus rien.
C : Comme ton père…
Er : Mon père ?
C : Oui.
Er : Peut-être…
C : Et la pluie qui ne vient tou­jours pas…
Er : Elle vien­dra.
La pluie.
Prends-moi la main.
C : Je vais voir à côté…
Er : Peut-être…
Je t’attends ici… reviens…
Je reste-là.
Reviens…
Tu reviens vite ?

Chant…

texte et mise en scène:
Julien Mages

sou­tien à la dra­maturgie:
Anne-Laure Sahy

jeu:
Marika Dreis­tadt
Mathilde Hen­negrave
Roman Pala­cio
Viviane Pavil­lon
Clé­ment Victor

scéno­gra­phie et lumière:
Chloé Decaux

com­po­si­tion musi­cale et arrange­ments:
Alexis Gfeller

coach vocal:
Solam Rion­del

cos­tumes:
Rosi Morilla

pro­duc­tion, dif­fu­sion:
Anne-Laure Sahy | rue#91 7

pro­duc­tion, admin­is­tra­tion:
Cristina Mar­ti­noni | rue#91 7

Copy­right Petithéâtre, Sion, 2014.

Copy­right Théâtre de Vidy-Lausanne, 2013.

> Cap­ta­tion com­plète disponible sur demande.

Au Petithéâtre de Sion, novem­bre 2014.

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Suivez ce lien pour écouter une inter­view de Julien Mages sur Espace 2 (RTS), le 9 décem­bre 2014, à pro­pos des spec­ta­cles en tournée dans l’année qui vient et spé­ciale­ment autour de Bal­lade en Orage.

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LeTemps.ch, paru le 25 novembre 2014.

LeTemps.ch, paru le 25 novem­bre 2014.

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