la piècedis­tri­b­u­tionextrait

Nar­cisse 21ème siè­cle, un poème com­posé de chants en vers libres, par Julien Mages, sur Julien Mages, dans une auto-référentialité qui fait de lui, de manière parox­ys­tique, un homme de son époque. D’inspiration néo-romantique mais totale­ment décalés, truf­fés d’un sec­ond degré qui souf­fle le chaud et le froid, dans une langue où la sen­sa­tion musi­cale tend à l’emporter sur l’intelligibilité, les poèmes de ce conte mod­erne oscil­lent entre réal­ité crue Narcisse et onirisme égo­cen­trique  volon­taire­ment narcissique.

Il y s’agit d’une poé­tique élaborée sur deux plans, rap­pelant l’époque binaire dans laque­lle nous évolu­ons, réal­ité parfilée de mou­ve­ments élec­tron­iques. Ainsi par­fois le virtuel l’emporte-t-il sur le réel, l’ellipse chronologique inter­vient sans logique nar­ra­tive, bref, anar­chie et délire de con­trôle sont à l’honneur dans ce texte trou­blé et lyrique.

Errances vio­lées et sys­tèmes décon­stru­its… Une évo­ca­tion tragi-comique d’un cer­tain nar­cis­sisme con­tem­po­rain, à tra­vers l’auteur lui-même… Rien n’a de valeur que l’image hyper-valorisée de la nou­velle idole mod­erne : moi !

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Deux musi­ciens, Nico­las Grimm au piano et en alter­nance Ariel Gar­cia / Marcin de Mor­sier à l’électro accom­pa­g­nent ce Nar­cisse, trans­for­mant la Flyer_Narcisse_Rectoscan­sion du texte en un poème-concert. Nico­las Grimm a com­posé la musique au piano, ainsi que les chants dans lesquels se délecte ce mau­vais garçon à l’âme roman­tique. Cer­tains pas­sages sont donc chan­tés, d’autres scan­dés, d’autres par­lés ou hurlés, ou encore dan­sés… et par­fois la voix et les instru­ments se mélan­gent dans la spon­tanéité du moment et de l’écriture musi­cale. Ainsi, une trame mélodique et un rythme jalon­nent les mots, et dessi­nent avec eux les paysages du drame de ce Nar­cisse du 21ème siècle.

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une épopée en cinq actes

Prime ado­les­cence détru­ite par la délin­quance et la drogue.
Mis­sion de recon­ver­sion à tra­vers Let­tres et Sen­ti­ments Artis­tiques.
Ode à cer­tains chefs d’œuvres comme le Requiem de Mozart; par un indi­gent.
Retour pos­si­ble vers un Dieu enterré.
Fin des mots (décon­struc­tion de toute ten­ta­tive esthétique).

Julien Mages
texte, jeux, voix et danse

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Nico­las Grimm
com­po­si­tion, chant et piano.

Ariel Gar­cia / Marcin de Mor­sier
en alter­nance, créa­tion sonore électronique

Chloé Decaux
lumière et con­seils artistiques

avec le sou­tien de la Ville de Lau­sanne et du Pour­cent cul­turel Migros Vaud

Je me vois sur le blanc de cette page et je me trouve fatigué mais encore beau…

Je me noie dans ma toile… baise-moi ego universel.

Vous êtes seuls par besoin
Je le suis par nature

Toute engeance de pute est issue d’un seigneur

Le cor­ri­dor appel le beffroi

Tous les tin­te­ments suin­tent un équinoxe malheureux

Je suis le dernier homme

Je suis parti pour vous

Je me tue chaque jour pour vos enfants niais de votre incon­duite patentée

Pardonnez-leur ils ne savent pas ce qu’ils font

J’irai chercher vers Uelé la paix.

Je me noie…

Le nou­veau savoir est dans la beauté pure…

J’encule le monde et ses vanités.

Et s’il me pour­suit avec sa mort, le monde, c’est que je suis mori­bond depuis des siècles.


L’obole…

J’ai connu un homme qui chas­sait dans tous les êtres son amour parti depuis longtemps. Le cha­grin causé par ce bon­heur perdu l’a peu à peu rendu fou. D’homme noble au regard serein, cet égaré a peu à peu som­bré dans la décrépi­tude la plus atroce ; jusqu’à deman­der l’aumône en racon­tant partout que les piécettes iraient vers un ange qui a faim… Et, quand au bout de quelques heures de men­dic­ité il avait gagné de quoi acheter un quignon de pain, il descendait au bord du lac avec son mai­gre butin. Devant la plaine d’eau, il répé­tait inlass­able­ment le même rit­uel, il jetait toutes ses pièces dans l’eau en réc­i­tant la même prière pour chaque pièce noyée : Faites que mon amour revi­enne… plouf ! Faites que mon amour revi­enne… plouf ! Faites que mon amour revi­enne… plouf, plouf, plouf, plouf…

Son amour ne revint jamais, et le mis­érable vagabond se perdit un jour en remon­tant du lac, et mou­rut de faim après avoir réc­ité toute sa sébile…

Comme un oiseau le cha­grin vole
Et si d’amour il est épris
Cet oiseau va pour une obole
A con­tre vent per­dre l’esprit


Errance en détaché

Je ne voulais que je veux je pour­rai pren­dre la note le la absolu celui que l’anti-démiurge a conçu une fois entre la vio­lette et le nar­cisse…
Pour que le chapelet de men­songes étran­gle le froid vif de mars je me dénude devant la plaine bleue couron­née de Savoie empanachée des mer­veilleux nuages chers à Charles…

Par­tir, là-bas fuir…

Une bernache m’attend dans le sable… je m’accrocherai, Niels Olgers­son, à son encolure pour suivre enfin le vol d’oiseau qui sait la nue…

Chaque fois que je lève la tête vers vous, pointil­lés sur la portée céleste, mes yeux se baig­nent infin­i­ment de l’amour que je ressens pour la terre et mes yeux infin­i­ment se baig­nent du dégout pro­fond que j’éprouve pour mes sem­blables… pâles volatiles humains…
sans ailes…
Pour­tant j’ai de la pitié pour celui qui est triste dans mes yeux…

cette empreinte s’efface dessous le doux ressac
aller-retour roule phrase et revient
sur mes orteils rigolos

Depuis la pointe de mon âme je me ris de toi mon moi parmi sept mil­liards d’individus pro­fondé­ment préoc­cupés de leur des­tinée qui me sem­ble n’être que la vir­gule qui man­quait à cette phrase.

Dernier souf­fle dans une eau saumâtre et tin­tée d’uranium
Nous baignons notre enfant dans cette marée atra­bi­laire
L’albatros n’est plus seule­ment caus­tique il est nègre
Et mon âme savante se savonne entre deux pris­on­niers molosses

Voy­age encore héros dans un vague aujourd’hui
Je refuse la prison binaire
Car mon sang est neuf sceaux !

Pitié pour vous
Mes petits de demain !