inspiré du Mis­an­thrope de Molière
en tournée de mars à novem­bre 2015

résuméextraitdis­tri­b­u­tionpho­tospresse

Deux per­son­nal­ités s’affrontent sur un ter­rain poli­tique et philosophique. L’une, la Mis­an­thrope, se con­fronte à un puis­sant homme d’affaires. Ce dernier s’est pris pour un intel­lectuel en écrivant un essai socio-philosophique et vient deman­der des comptes à la Mis­an­thrope qui a fustigé son texte dans un arti­cle véhé­ment. L’homme de pou­voir va ainsi se heurter à la réal­ité de la femme représen­tant un autre pou­voir, celui de la pen­sée Vraie. C’est dans cette joute entre le Vrai et le Faux que la pièce va se jouer, avec pour entourage des intri­g­ants qui ne sont pas sans rap­peler les per­son­nages du Mis­an­thrope classique.

teaser:

CARTES_RECTO-VERSO_LOT4_ok.inddAu final, cette femme d’une cinquan­taine d’années se verra dif­famée, out­ragée par la vin­dicte orgueilleuse du puis­sant et la lâcheté de son entourage vis-à-vis de ce qu’elle défend comme étant la Vérité. Acculée, elle pren­dra la déci­sion de tout quit­ter et de se retirer loin des hommes.

Nous la suiv­rons dans cette retraite pour nous ren­dre compte que l’action qui suit une déci­sion lourde de con­séquences con­traint l’être vrai à se con­fron­ter à une vérité plus bru­tale encore que celle dont elle se croy­ait la vic­time sociale; une vérité comme le miroir de soi et de sa frag­ile imperfection.

*

C : Que raconte la gazette ?
J : Rien.
C : Vrai­ment ? la petite me rap­porte un trou­ble dans l’affaire du crétin. On dit qu’il est si vexé de ma cri­tique qu’il est prêt à tout…
J : …
C : J’ai ren­con­tré mon poulain, le jeune des verts… c’est un âne en plus d’être un légume, ses argu­ments ne tien­nent pas, il est ambitieux et veux absol­u­ment un siège au par­lement, il croit dur comme fer que ce com­bat même perdu lui octroiera sa place au pou­voir… Les jeunes aujourd’hui, cer­tains jeunes ont encore de la bravoure et espère une place pour changer les choses mais le com­bat pour cette place les méta­mor­phose en ce con­tre quoi ils voulaient lut­ter au départ… peu à peu ils pren­nent goût à la lutte et devi­en­nent à la cause…
J : La cause ! la cause ! LA CAUSE ! Tout ce débat est d’une pitoy­able van­ité. Tu en prof­ites pour gloser et répan­dre ta morale au détour de je ne sais quelle querelle poli­tique, tu sais bien qu’ils con­stru­iront ce… ce truc…
C : Bien-sûr, et pourquoi ne pas dire ce qu’on pense…
J : On ne peut pas tout dire… et pas n’importe com­ment…
C : Je suis la preuve du con­traire…
J : Tu es la preuve de rien, une fois vain­cue tout con­tin­uera aussi bien et mieux que tou­jours… trois briques, quelques pan­neaux solaires et des emplois, je ne vois pas pourquoi faire tout ce raf­fut et provo­quer Goliath en duel…
C : Parce que David a rai­son…
J : Oh, oui, David a rai­son, pardonne-moi, David a rai­son mais David a des couilles et une fronde quand toi tu n’as que la peau sur les os de ta colère ! Et tu es une…
C : Femme ?

Temps

Le suis-je à tes yeux ?

Temps

Suis-je une femme à tes yeux, Monsieur ?

Temps

Tu crois que je ne vois pas ton jeu avec la sta­giaire, avec ton actrice du Théâtre de mon cul sur la com­mode…
J : Pas ça…
C : … ton jeu avec mes nièces, avec la femme de ton frère, avec la fille de la voi­sine, avec la femme qui est venue hier me ren­dre vis­ite…
J : Parlons-en de ta mys­térieuse vis­ite…
C : … avec la jour­nal­iste de ce canard ahuris­sant de bêtise, avec les poules de ton fit­ness basse-cour, avec Madame Gérard…
J : Quoi ? Elle a 70 ans !
C : … avec ta doc­toresse… dis-moi pourquoi même ton doc­teur est une femme ?
J : … j’en ai pas la preuve… rire bête
C : … et tes soirées au bil­lard…
J : … Ah, non… pas le bil­lard… j’ai besoin de ce sport…
C : JOUER AUX BOULES AVEC TA QUEUE !
J : Madame ! vous vous lais­sez aller…
C : Je veux que tu sois sincère ! je veux que ton cœur parle ! je veux de la VÉRITÉDE LA VÉRITÉ ABSOLUE … je veux être aimée, je veux être respec­tée par l’homme que j’aime ! je veux que tu avoues tes pen­chants… toutes les créa­tures de ta cour…
J : Je n’aime pas les canards ! Je n’aime pas les canards donc je parle à des humains qui peu­vent me répon­dre autre-chose que coin-coin ! Et il se trouve que parmi ces humains il y a des humaines !
C : Non ! tu reni­fles tout ce qui bouge !
J : Moi ? met­tant une main sur le cœur Jamais !
C : … à part ta bande du bil­lard avec laque­lle je sais que tu fréquentes toutes les den­telles de la ville je ne te vois jamais avec des hommes…
J : Je suis main­tenant avec le plus féroce !
C : Je croy­ais que je n’avais pas les couilles de David…
J : … mais tu as la gueule de Goliath !

Temps

C : M’aimes-tu ? es-tu prêt à rester avec moi ? Es-tu prêt à tout sac­ri­fier pour moi ? es-tu prêt à par­tir avec moi ?
J : Tu n’es plus que ta rage ! tu con­fonds tout ! tu t’isoles, tu te rends malade pour…
C : LA VÉRITÉ !
J : LA VANITÉ
C : La jus­tice imma­nente…
J : PARLE-MOI SIMPLE, BORDEL ! SIMPLE ! JE NE PORTE PAS DE TOGE JE VEUX QUE TU ME PARLES COMME A QUELQUUN QUI VIT ICI, ICI, AVEC LA TÉLÉ, LE NET, LA LUMIÈRE DES NÉONS PARTOUT DANS LA VILLE, LE PLASMA QUI SCINTILLE, LE LED QUI COLORE, LE MENSONGE PIEUX DES IMAGES PARTOUT, LES INFOS SUR LE PROCHAIN TREMBLEMENT, L’US OPEN EN DIRECT, LE PROCHAIN MASSACRE DU NOUVEAU MOYEN-AGE, LA MURAILLE DE CHINE, L’ANCIEN MUR DE BERLIN, LE NOUVEAU PALESTINIEN, LES PUTES EN STRING QUI CHANTENT I WANT YOUR SEX, LE CURETON QUI SUCE L’ENFANT DE CŒUR, LES NOIRS QUI VENDENT LA BLANCHE, LES JAUNES QUI VOIENT TOUT ROUGE, LE HUSI MITRAILLEUR, LE GLOCK AUTOMATIQUE, LA CEINTURE EXPLOSIVE AU JARDIN D’ENFANT, LA TOURNANTE EN PRIMAIRE, LA BOMBE A NEUTRONS DANS LE CUL DU TIERS-MONDE, LE TIERS-MONDE DANS LE CUL DE LA GLOBALISATION, LA GLOBALISATION DANS LE FION DU QUIDAM, L’EMPIRE QUI ATTAQUE L’EMPEREUR CONTRE-ATTAQUE ET MOI QUI M’EN TAPE, LA FOLLE DE CHAILLOT A NOTRE DAME DES LANDES, LA BARBE ROUSSE DE MARX, LA MOUSTACHE DE SADAM, LE PÉNIS DE SATAN, L’UTÉRUS DE MARIE, YOUTUBE, YOUPORN, PORNTUBE, POPCORN, FACEBOOK, TWITTER, JUSTIN BIBBER ET MA MÈRE EN STRING !!! PUTAINALORS TA JUSTICE IMMANENTE ON S’EN TARTINE LA RONDELLE MADAME LA SIBYLLE

C : Madame la Sibylle !? à la can­ton­ade il a dit : Madame la Sibylle ! Ce garçon aurait un sem­blant d’éducation…

texte et mise en scène:
Julien Mages

con­seils dra­maturgiques:
Anne-Laure Sahy

jeu:
Carine Bar­bey
Ahmed Bel­bachir
Juan Bil­beny
Tiffany-Jane Madden

col­lab­o­ra­tion artis­tique:
Pas­cale Vachoux

scéno­gra­phie et lumière:
Chloé Decaux

con­struc­tion décor et assis­tanat scéno­gra­phie:
Rafael Chavez Gonzalez

chants com­po­si­tion et direc­tion:
Alexis Gfeller

cos­tumes:
Agnès Boudry

pro­duc­tion et dif­fu­sion:
rue#91 7 | Anne-Laure Sahy, Cristina Martinoni

sou­tiens:
Can­ton de Vaud, Loterie Romande, Pour-cent cul­turel Migros, Société Suisse des Auteurs, Corodis, Pro Hel­ve­tia, Fon­da­tion Ernst Göh­ner, Fon­da­tion Suisse des Artistes Inter­prètes.

copro­duc­tion:
Arsenic, Cen­tre d’art scénique con­tem­po­rain, Lau­sanne — Théâtre du Pom­mier, Cen­tre cul­turel neuchâtelois, Neuchâ­tel — Petithéâtre, Sion — Théâtre du Grütli, Genève